Nov 28 2016

RATP : réponse massive des voyageurs contre les écrans numériques

capture-du-2016-11-28-112017Communiqué de presse de Résistance à l’Agression Publicitaire – Paris, le 28 novembre 2016

campagnemetrobus-nov2016_01_redim

Alors même que Metrobus1 fait campagne pour promouvoir son matraquage publicitaire, les usagers de la RATP sont actuellement sollicités pour proposer des idées et voter pour celles qui ont leur préférence sur un site dédié.

Malgré la faible communication faite autour de cette opération, près de 7000 personnes2 ont voté pour le retrait des écrans numériques des couloirs du métro et du RER. Sur près de 2000 idées, cette proposition est de très loin la plus appréciée3. Les internautes estiment ces écrans intrusifs, et y voient un gaspillage énergétique incompatible avec les objectifs déclarés des pouvoirs publics et de la régie de transport en matière de sobriété et de préservation de l’environnement. Les 1150 écrans4 s’ajoutent aux quelque 60 000 affiches publicitaires « classiques » disséminées sur l’ensemble des parcours du métro parisien. Toutes ces publicités sont d’autant plus mal acceptées que leur concentration est de très loin supérieure aux 18 000 panneaux5 qui sont admis dans les rues de Paris6, où sont par ailleurs interdits les écrans numériques7. De cette disproportion naît pour les usagers des transports publics un sentiment d’agression publicitaire toujours accru. Étant donné l’apport financier dérisoire de ces publicités (environ 3 centimes par voyage !8), cette invasion de l’espace public n’est absolument pas justifiée par une contribution au financement du service public de transports en commun.

En sollicitant des idées et proposant aux Franciliens un moyen d’expression proprement démocratique, la direction de la RATP a fait naître de vives attentes : aura-t-elle le courage de ne pas les ignorer ?

Notre métro idéal

  • Diminution immédiate de 50% des affiches publicitaires commerciales ;
  • interdiction des écrans et de leurs éventuelles technologies de surveillance ;
  • retrait des panneaux éclairés et déroulants ;
  • diminution du format maximum des affiches à 50×70 cm et donc, partage des supports comme cela se fait pour les affiches de théâtre.

Que mettre à la place des publicités ?

  • Des décorations évoquant le quartier, à l’image des stations Louvre-Rivoli ou Assemblée nationale ;
  • des affiches informatives sur l’histoire du quartier ;
  • des œuvres d’art ;
  • des panneaux de libre expression ;
  • des espaces pour les associations et l’expression politique ;
  • des espaces gratuits pour les petits commerces et les artisans du quartier…

[Mise à jour du 2 décembre 2016] La phase de proposition d’idées et de votes est à présent terminée. Les votes et les commentaires ne sont plus visibles sur le site de la RATP. D’après notre dernière capture d’écran du 30 novembre, la proposition « Enlever les écrans vidéos publicitaires » a recueilli plus de 7 500 « j’aime » et la proposition « Un métro garanti sans pub » près de 1 200.

La presse a relaté cette histoire :

2016-11-30_boiteideesratp_capture

Notes

1 – Régie publicitaire de la RATP, filiale de Mediatransport

2 – On peut ajouter à cela les deux récentes pétitions à ce sujet qui ont recueilli chacune 10 000 et 12 000 signatures

3 – À l’heure où nous écrivons, sept fois plus que la deuxième proposition la plus populaire qui, elle, demande un métro sans publicité, ce qui montre le trop-plein d’affiches ressenti auprès des usagers du métro. Voir

6 – Sans compter les 43 000 faces publicitaires sur les bus de la RATP, faisant de cette dernière la plus grande pourvoyeuse de cerveaux disponibles pour les marques. Source – Métrobus

8 – 100 millions d’euros de recettes publicitaires rapportés à 3,2 milliards de voyages pour l’année 2014. Le budget de la publicité représente seulement 2 % du chiffre d’affaires de la RATP. Rapport financier de la RATP