Le mois dernier, la ville d’Amsterdam a voté une nouvelle interdiction de pub de viande et énergies fossiles. C’est la première capitale au monde à mettre en place une interdiction de cette ampleur.
Dans les grandes lignes, c’est une interdiction sectorielle de publicité pour les énergies fossiles et les produits et services y ayant recours (voyages aériens, croisières, voitures thermiques, contrats d’énergie fossile domestiques) ET pour la viande. L’interdiction a été votée par ordonnance, elle est donc valable sur tous les opérateurs publicitaires de la ville, que la ville ait ou non un contrat avec l’opérateur. Elle entrera en vigueur le 1er mai 2026.

Action de recouvrement, janvier 2023, Paris
Amsterdam avait déjà limité les publicités pour ces produits depuis 2020 via des clauses dans les contrats publicitaires, puis conclu un accord en 2021 avec l’opérateur publicitaire du métro pour mettre fin aux publicités pour les combustibles fossiles, les voitures à moteur fossile et les compagnies aériennes à bas prix. C’était un premier pas, mais peu efficace car, en pratique, il y avait encore des publicités fossiles partout sauf sur le réseau de métro. La jurisprudence de la ville de La Haye pour leur interdiction de publicités fossiles (validée par l’UE) en 2025 a donc pavé la route pour cette victoire.
Plus récemment, en Italie, la ville de Florence a également créé l’événement ce mercredi 4 février en devenant la première ville d’Italie à adopter une interdiction de publicité pour les énergies fossiles dans l‘espace public. La motion a été votée avec une majorité écrasante, rejoignant plus de 50 villes d’Europe et du monde ayant déjà introduit des interdictions ou restrictions sur les publicités pour produits hautement polluants.
Andrea Sbarbaro, président de Cittadini Sostenibili (une association italienne militant contre la publicité pour les énergies fossiles), a déclaré : « La décision de Florence est historique […]. En tant que psychologue, je suis bien conscient de la manière dont la publicité peut normaliser des comportements nocifs ou dangereux : dans le passé, il était considéré tout à fait normal que des médecins en blouse blanche recommandent les cigarettes et le tabac comme étant bons pour la santé. Ce n’est qu’après l’introduction des interdictions publicitaires que l’opinion publique a commencé à changer. »
C’est d’ailleurs ce que démontre cette nouvelle étude qui compare également les tactiques des industries du tabac et des aliments ultra-transformés, incitant les gouvernements à prendre des recours juridiques et législatifs comme interdire la publicité de produits nocifs à la santé publique.
Prochaines étapes pour Florence : la ville doit maintenant traduire cette décision politique en une interdiction précise pour les produits fossiles (SUV, voyages en avion, croisières et moteurs à combustion) dans la réglementation municipale en matière de publicité.
En France, une telle mesure ne serait pas possible au niveau d’une collectivité au regard de la législation nationale, mais les villes peuvent prendre d’autres mesures que nous listions en prévision des municipales qui approchent. Au niveau national, le gouvernement pourrait aussi interdire les publicités d’une catégorie de produits, comme elle l’a fait pour le tabac avec la loi Évin et tente de le faire avec l’ultra-fast fashion.
Malgré le peu de bonnes nouvelles en écologie en ce moment, celles-ci en sont donc !
