Les rebelles antipub relaxés : une belle victoire pour les luttes

Angers 12 mars 2026 – Le tribunal correctionnel d’Angers vient de relaxer les trois militants antipub ayant participé à l’enlèvement de plus de 500 affiches de panneaux publicitaires sur la ville d’Angers le 22 novembre 2024.

Le 22 novembre 2024 se tenait une mobilisation massive menée par Extinction Rebellion Angers, nommée « Nuit blanche – Angers sans publicité pour le Black Friday ». Son objectif était de retirer toutes les publicités des mobiliers urbains d’Angers et de ses environs. Les affiches ont été enlevées et remplacées par un simple message au format A5 portant la mention « On n’en peut pub ! ». Plus de 500 affiches ont ainsi disparu, un beau record pour cette mobilisation.

Les objectifs de cette action étaient de diminuer l’exposition de tous·tes à cette pollution visuelle de l’espace public, de faire prendre conscience de la place qu’occupe ce matraquage consumériste, de provoquer un débat public et d’informer. Il s’agit aussi d’obtenir à terme l’interdiction des publicités pour les produits les plus nuisibles et une réglementation plus contraignante en matière de taille, de densité et de contenu pour les publicités qui resteraient.

Le 15 janvier 2026, trois activistes d’Extinction Rebellion étaient convoqués en audience au tribunal correctionnel suite à une plainte de JCDecaux. Les prévenus étaient poursuivis pour « soustraction frauduleuse (vol) d’affiches publicitaires au préjudice de la société JCDecaux » avec, comme circonstance aggravante, le fait que cela ait été commis en réunion. Ils risquaient à ce titre jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende.

Thomas Bourgenot, chargé de plaidoyer de Résistance à l’Agression Publicitaire et David Cormand, député européen, y étaient présents en tant que témoins. Ils ont pu expliquer au juge les effets négatifs de la publicité, attestés par de nombreuses institutions, comme le GIEC, le CESE ou le Secrétariat général à la planification écologique, et la nécessité des actions en désobéissance civile pour changer les choses.

Le tribunal a décidé de requalifier les faits en contravention de dégradation légère et a constaté la prescription pour un prévenu. Pour les deux autres, il a rejeté l’état de nécessité, a retenu le contrôle de proportionnalité et les a relaxés des dégradations légères.

Au moment, ou les candidat·es se présentent aux élections municipales, cette victoire militante montre que cette lutte mobilise les citoyen·nes et est légitime. Des politiques publiques ambitieuses pour réduire drastiquement la place de la publicité doivent être menée à Angers et ailleurs pour y répondre. Prochain procès de ce genre, quatre militant·es membres de Résistance à l’Agression Publicitaire Lyon comparaîtront au tribunal correctionnel de Lyon le 4 mai 2026.