Les quatre activistes antipub relaxé·es : une victoire contre l’État répressif

Lyon 15 juin 2026 – Le délibéré était très attendu ce lundi 15 juin. Le Tribunal Correctionnel de Lyon vient de relaxer les quatre activistes antipub et pour la lutte de libération palestinienne ayant participé à un détournement publicitaire, à Lyon, le samedi 27 septembre 2025. Ces 4 activistes avaient eu 42h de garde à vue (GAV). Cette dernière a été annulée.

Le 27 septembre 2025 se tenait une action menée en amont et en écho avec les revendications de la marche des Résistances du 28 septembre 2025, dont R.A.P. avait rejoint l’initiative. 24 affiches ont été mises en place par les activistes. Une douzaine d’entre elles critiquaient la publicité, sa propagande, l’épuisement des ressources et la privatisation des services publics. Une autre douzaine indiquaient des messages anticoloniaux et en soutien au peuple palestinien et contre le génocide.

Les quatre activistes ont été appréhendé·es, menotté·es puis mis·es en garde à vue durant 42 heures par la police le soir de cette action. Pour R.A.P. et 27 autres organisations de soutien aux activistes:« La décision de les garder à vue 2 nuits en raison d’une action de recouvrement et de remplacement d’affiches sur des panneaux publicitaires est totalement disproportionnée. ». Iels risquaient au maximum 2 ans de prison et 30 000 € d’amende pour « dégradation en réunion », alors qu’aucun panneau n’avait subi de dégât.

L’avocat des prévenu·es, Me Forray, avait introduit l’audience en relevant plusieurs irrégularités durant leur garde à vue considérée comme une atteinte à la liberté humaine, avec une extinction des droits et l’accumulation de nombreuses humiliations. Il a rappelé le caractère politique des infractions reprochées aux prévenu·es « alors que le cadre juridique doit être protecteur de la liberté d’expression politique, de la liberté de choix de militantisme ». Aussi, il a noté qu’aucune preuve de dégradation n’a été apportée, il n’y a pas de justification de la garde à vue. Il a ajouté que la police a eu 42h pour récolter des preuves qu’ils ne sont pas aller chercher alors que ce temps de GAV est censé apporter plus de matière. Au niveau de la forme, l’avocat n’avait reçu que le matin de l’audience les PV en justifiant la prolongation. Il en a demandé la nullité.

Après des prises de parole des prévenu·es, de deux témoins de moralité (Mehdi Khamassi, chercheur en sciences cognitives, et David Cormand, député européen), la procureure a soutenu la qualification de dégradation et demandait 3 mois d’emprisonnement avec sursis pour chacun·e ainsi qu’une inscription au casier judiciaire.

Ce 15 juin 2026 à 14h, la juge a relaxé les quatre activistes sur le motif de forme qu’est la justification de la prolongation de la GAV arrivée trop tard. Elle l’a annulé ainsi que ce qui s’y est passé (prises d’empreinte ADN, photos,…). Elle a cependant condamné le prévenu qui avait donné une identité imaginaire à 500€ d’amendes. La procureure a 10 jours pour faire appel, cette affaire est clairement une victoire contre la répression des actions militantes.

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