Le premier week-end de février, une vingtaine de membres et sympathisant·es de R.A.P. ont convergé vers Lille, pour deux jours de partage de connaissances et de pratiques. Une belle occasion d’être concrètement ensemble plutôt que virtuellement, et surtout de mettre collectivement les mains à la pâte.

Rencontres interlocales ? Kesako ?
Si R.A.P. poursuit son existence et ses activités depuis des dizaines d’années, c’est essentiellement grâce à son réseau de bénévoles, qui la font vivre sur le terrain et en ligne. Les « rencontres interlocales », ce sont les moments qui permettent à ses groupes locaux et bénévoles de toute la France de se voir en chair et en os !

Pourquoi le retour ?
Parce que comme beaucoup d’associations et de collectifs, R.A.P. a fait les frais de la crise du Coronavirus de 2020, qui a fortement contraint les possibilités d’organiser des retrouvailles en présentiel. Même si R.A.P. fait en sorte de rassembler ses membres au moins deux fois par an pour son Assemblée Générale et un week-end de travail stratégique, cela faisait plusieurs années que ces rencontres interlocales, spécifiques car focalisées sur les bénévoles et leur investissement, n’avaient pas eu lieu.

Qu’est-ce qui s’y passe, concrètement ?
D’abord, faire connaissance
Toute association d’envergure nationale qui agit localement via des antennes dans plusieurs villes est confrontée à ce même enjeu : créer du lien entre des personnes qui consacrent une partie de leur temps libre à une cause commune, tout en habitant à des endroits parfois très éloignés.
C’est ce qu’on appelle l’animation de réseau. L’idée étant d’avoir une forme de cohésion entre les différents groupes, et surtout entre les gens ! Car à R.A.P. nous considérons que ce sont les membres de l’association qui font son identité.
Les rencontres interlocales servent donc, en complément des réunions de travail que nous animons en visioconférence tout au long de l’année, à savoir qui fait quoi, à quel endroit, de quelle manière, à s’en inspirer, et surtout à développer des liens affinitaires !

Se mettre à la page
Passer deux jours à un endroit entre personnes motivées, c’est une opportunité idéale pour faire le point sur les activités et campagnes de l’association. En ce moment, nous sommes à mi-chemin de notre Observatoire de la publicité d’aliments d’origine animale, qui prendra fin en juillet. L’occasion d’inviter chacun·e à y contribuer.
Une campagne récente principalement portée par des bénévoles autour de la publicité en ligne et de l’utilisation de certains outils numériques a également été explorée et approfondie. C’en est suivi un atelier sur les outils libres disponibles au sein de R.A.P. et les alternatives au médias sociaux publicitaires, dans la lignée de la mise à jour de notre charte à ce sujet.

Porter un plaidoyer
Être bénévole pour une association comme R.A.P., c’est donner de la résonance à ses luttes et revendications. Nos groupes locaux et leurs membres sont celleux qui font avancer les choses dans leurs territoires, notamment en interpellant leurs élu·es.
D’autant plus depuis quelques mois avec l’approche des élections municipales, ces rencontres ont permis de revenir sur les stratégies adaptées pour donner de la visibilité à la remise en cause de la publicité, et à l’ajout de cette question à l’agenda politique. Car les mairies et les intercommunalités sont en capacité d’agir, si tant est qu’elles en aient la volonté.

Créer et s’amuser
Des rencontres interlocales d’activistes antipub ne peuvent pas se dérouler sans un atelier créatif ! Comme à notre habitude dans de nombreux groupes locaux, les participant·es de cet événement ont eu le plaisir de détourner des affiches publicitaires, ici particulièrement sexistes. Un exutoire bienvenu en amont de la « Fête de l’Amour », plus consumériste que romantique, qui s’annonçait la semaine suivante pour la Saint·e Valentin·e, le 14 février.


Passer à l’action
Qui dit artivisme dit souvent affichage des œuvres réalisées. Deux équipes sont parties à l’assaut de panneaux publicitaires lillois pour accrocher les visuels mis au goût du jour au cours de l’après-midi. C’est dans ces moments que les bénévoles mettent la théorie en pratique, tout en échangeant des conseils et astuces pour allier efficacité et portée des messages.

Et après ?
Dans toute association et pour nous au sein de R.A.P., se rencontrer, faire groupe, devenir ami·es, c’est éprouver de la joie militante et consolider le mouvement antipub. C’est un tremplin qui donne envie d’aller encore plus loin. C’est repartir avec plein d’idées dans la tête et des fourmis dans les mains, qui nous poussent à répliquer chez soi ce qu’on a découvert ailleurs. C’est retrouver du souffle et de l’énergie après avoir été parfois fatigué·es ou découragé·es. C’est ce qui donne du sens à nos combats.
Après, on a plus de force et de détermination pour faire face au système capitaliste qui ne se préoccupe jamais de nous, mais que de ses propres intérêts. Après, on agit localement, (inter)nationalement, et on s’investit autant individuellement que collectivement. Après, on sait qu’on peut compter les un·es sur les autres et s’entraider, même à distance.
Et enfin, on se donne rendez-vous ! On se retrouvera encore :
– avec nos partenaires en Allemagne et une trentaine de jeunes pour un séjour Erasmus+ co-organisé par R.A.P. fin mars ;
– le premier week-end de mai pour une conférence internationale antipub à Lyon et le procès de nos activistes que nous vous appelons à soutenir ;
– les 6 et 7 juin à Lyon de nouveau pour notre Assemblée Générale, notez la date !

