Le retour des rencontres interlocales de RAP !

Le premier week-end de février, une vingtaine de membres et sympathisant·es de R.A.P. ont convergé vers Lille, pour deux jours de partage de connaissances et de pratiques. Une belle occasion d’être concrètement ensemble plutôt que virtuellement, et surtout de mettre collectivement les mains à la pâte.

Photo de groupe de membres de l'association Résistance à l'Agression Publicitaire tenant une banderole avec son logo à Lille.
Les membres de R.A.P. aux rencontres interlocales 2026 à Lille

Rencontres interlocales ? Kesako ?

Si R.A.P. poursuit son existence et ses activités depuis des dizaines d’années, c’est essentiellement grâce à son réseau de bénévoles, qui la font vivre sur le terrain et en ligne. Les « rencontres interlocales », ce sont les moments qui permettent à ses groupes locaux et bénévoles de toute la France de se voir en chair et en os !

Deux photos de groupes bénévoles assis·es en cercle en train de discuter et travailler.
Ateliers en sous-groupes au cours des rencontres

Pourquoi le retour ?

Parce que comme beaucoup d’associations et de collectifs, R.A.P. a fait les frais de la crise du Coronavirus de 2020, qui a fortement contraint les possibilités d’organiser des retrouvailles en présentiel. Même si R.A.P. fait en sorte de rassembler ses membres au moins deux fois par an pour son Assemblée Générale et un week-end de travail stratégique, cela faisait plusieurs années que ces rencontres interlocales, spécifiques car focalisées sur les bénévoles et leur investissement, n’avaient pas eu lieu.

Deux photos : détournement d'affiche publicitaire représentant une femme en bikini de dos avec écrit "ras-le-cul de votre sexisme de merde" et deux activistes en train de mettre en place la même affiche dans un panneau avec écrit cette fois "laissez notre cul tranquille !".
Affiches publicitaires sexistes détournées et replacées dans des panneaux à Lille

Qu’est-ce qui s’y passe, concrètement ?

D’abord, faire connaissance

Toute association d’envergure nationale qui agit localement via des antennes dans plusieurs villes est confrontée à ce même enjeu : créer du lien entre des personnes qui consacrent une partie de leur temps libre à une cause commune, tout en habitant à des endroits parfois très éloignés.

C’est ce qu’on appelle l’animation de réseau. L’idée étant d’avoir une forme de cohésion entre les différents groupes, et surtout entre les gens ! Car à R.A.P. nous considérons que ce sont les membres de l’association qui font son identité.

Les rencontres interlocales servent donc, en complément des réunions de travail que nous animons en visioconférence tout au long de l’année, à savoir qui fait quoi, à quel endroit, de quelle manière, à s’en inspirer, et surtout à développer des liens affinitaires !

Deux photos de groupes bénévoles assis·es en cercle en train de discuter et travailler.
Ateliers en sous-groupes au cours des rencontres

Se mettre à la page

Passer deux jours à un endroit entre personnes motivées, c’est une opportunité idéale pour faire le point sur les activités et campagnes de l’association. En ce moment, nous sommes à mi-chemin de notre Observatoire de la publicité d’aliments d’origine animale, qui prendra fin en juillet. L’occasion d’inviter chacun·e à y contribuer.

Une campagne récente principalement portée par des bénévoles autour de la publicité en ligne et de l’utilisation de certains outils numériques a également été explorée et approfondie. C’en est suivi un atelier sur les outils libres disponibles au sein de R.A.P. et les alternatives au médias sociaux publicitaires, dans la lignée de la mise à jour de notre charte à ce sujet.

Trois photos d'une affiche publicitaire sexiste représentant 3 femmes en sous-vêtements pour un amincissant, avec le message : "on s'en fout de ton poids, ton corps, ton choix". L'affiche seule, puis positionnée par des activistes, puis de jours dans le panneau de l'abri de bus.
Détournement d’affiche publicitaire sexiste, placée par des activistes à un arrêt de bus

Porter un plaidoyer

Être bénévole pour une association comme R.A.P., c’est donner de la résonance à ses luttes et revendications. Nos groupes locaux et leurs membres sont celleux qui font avancer les choses dans leurs territoires, notamment en interpellant leurs élu·es.

D’autant plus depuis quelques mois avec l’approche des élections municipales, ces rencontres ont permis de revenir sur les stratégies adaptées pour donner de la visibilité à la remise en cause de la publicité, et à l’ajout de cette question à l’agenda politique. Car les mairies et les intercommunalités sont en capacité d’agir, si tant est qu’elles en aient la volonté.

Deux photos de bénévoles en train de peindre sur des affiches publicitaires, dont un enfant de dos.
Atelier créatif de détournement d’affiches publicitaires

Créer et s’amuser

Des rencontres interlocales d’activistes antipub ne peuvent pas se dérouler sans un atelier créatif ! Comme à notre habitude dans de nombreux groupes locaux, les participant·es de cet événement ont eu le plaisir de détourner des affiches publicitaires, ici particulièrement sexistes. Un exutoire bienvenu en amont de la « Fête de l’Amour », plus consumériste que romantique, qui s’annonçait la semaine suivante pour la Saint·e Valentin·e, le 14 février.

Trois photos d'affiches publicitaires sexistes détournées et replacées dans des panneaux à Lille, avec les messages "sexisme : 1, confort : 0", "mais qu'est-ce que je fais là ? Retouchée comme jamais à vous faire croire que mon slip est un confort de rêve ?", et "mate/Etam".
Affiches publicitaires sexistes détournées et replacées dans des panneaux à Lille
Trois photos d'affiches publicitaires sexistes détournées et replacées dans des panneaux à Lille, avec les messages "même ici tu monopolises l'espace", "jeunes filles ne vous laissez pas manger", et "libre".
Affiches publicitaires sexistes détournées et replacées dans des panneaux à Lille

Passer à l’action

Qui dit artivisme dit souvent affichage des œuvres réalisées. Deux équipes sont parties à l’assaut de panneaux publicitaires lillois pour accrocher les visuels mis au goût du jour au cours de l’après-midi. C’est dans ces moments que les bénévoles mettent la théorie en pratique, tout en échangeant des conseils et astuces pour allier efficacité et portée des messages.

Deux photos d'activistes antipub en train de grimper sur des panneaux publicitaires pour positionner des affiches détournées.
Activistes positionnant des affiches publicitaires détournées pendant une action antipub à Lille

Et après ?

Dans toute association et pour nous au sein de R.A.P., se rencontrer, faire groupe, devenir ami·es, c’est éprouver de la joie militante et consolider le mouvement antipub. C’est un tremplin qui donne envie d’aller encore plus loin. C’est repartir avec plein d’idées dans la tête et des fourmis dans les mains, qui nous poussent à répliquer chez soi ce qu’on a découvert ailleurs. C’est retrouver du souffle et de l’énergie après avoir été parfois fatigué·es ou découragé·es. C’est ce qui donne du sens à nos combats.

Après, on a plus de force et de détermination pour faire face au système capitaliste qui ne se préoccupe jamais de nous, mais que de ses propres intérêts. Après, on agit localement, (inter)nationalement, et on s’investit autant individuellement que collectivement. Après, on sait qu’on peut compter les un·es sur les autres et s’entraider, même à distance.

Et enfin, on se donne rendez-vous ! On se retrouvera encore :
– avec nos partenaires en Allemagne et une trentaine de jeunes pour un séjour Erasmus+ co-organisé par R.A.P. fin mars ;
le premier week-end de mai pour une conférence internationale antipub à Lyon et le procès de nos activistes que nous vous appelons à soutenir ;
les 6 et 7 juin à Lyon de nouveau pour notre Assemblée Générale, notez la date !

Trois photos d'affiches publicitaires sexistes détournées et replacées dans des panneaux à Lille, avec les messages "stop pub sexiste", "ici, le truc important c'est ça : photo retouchée", et "tu nous mates, on te formate".
Affiches publicitaires sexistes détournées et replacées dans des panneaux à Lille