Mar 13 2014

[Ville Propre] Le Mans

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Réponses de la liste du Front de Gauche candidate à l’élection municipale au Mans et menée par Ariane Henry « Le Mans, Renouveau Citoyen »
http://partagemans.wordpress.com/municipales-2014/renouveau-citoyen/

1 – La liberté de réception
Êtes-vous favorable à ce concept de liberté de réception et êtes-vous prêt à le promouvoir et le mettre en œuvre durant votre mandat ?

AH : La présence excessive des messages publicitaires dans les médias, dans les boîtes aux lettres et plus encore dans le paysage urbain engendre une pollution visuelle et une pollution mentale. La surabondance de l’affichage publicitaire réduit notre liberté de penser, elle entretient la convoitise et la frustration, incite à la surconsommation de biens inutiles et favorise le surendettement. Sous couvert de liberté d’expression, le système publicitaire permet à une minorité d’annonceurs puissants d’imposer à tous son idéologie consumériste.
La liberté de réception est un concept qui permet de protéger les citoyen-ne-s en limitant ce pouvoir excessif, nous nous engageons à le promouvoir pour réglementer la présence publicitaire durant notre mandat. Pour cela, nous aurons une communication particulière tournée vers l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie) afin que chaque foyer connaisse les actions promues par l’agence.

2- Affichage publicitaire, paysages et environnement – règlement local de publicité (R.L.P.)
Les paysages français sont bien souvent dévastés par la publicité. Êtes-vous favorable à une refonte du RLP de votre ville pour une diminution des panneaux, en nombre et en taille, voire l’interdiction de certains formats ?

AH : La ville du Mans dispose d’un RLP obsolète datant de 1985. Suite à l’alerte lancée par un collectif citoyen, il a été acté en conseil municipal en septembre 2013 que ce RLP sera révisé, avec parmi les objectifs annoncés de « limiter l’impact des dispositifs publicitaires et/ou réduire la densité notamment aux entrées de ville ». Deux acteurs de ce collectif sont aujourd’hui candidats aux élections municipales sur la liste Le Mans Renouveau Citoyen. Les futur-e-s élu-e-s de la liste s’impliqueront dans le travail de révision du RLP de manière offensive et concertées avec les collectifs existants et les habitant-e-s de la commune, et seront force de propositions pour la métropole.

Dans le cadre de ce RLP ou dans le cadre de vos attributions(1), comptez-vous :

– interdire des écrans publicitaires dans l’espace public ?

AH : Après un premier dispositif installé en février 2012, Le Mans et son agglomération comptent aujourd’hui une vingtaine d’écrans publicitaires numériques. Ces écrans captent l’attention des usagers de la route de manière particulièrement efficace, ils sont en infraction avec l’article R418-4 du code de la route et sont un danger pour la circulation. Nous porterons nos arguments au conseil municipal afin d’inscrire leur interdiction dans le nouveau RLP.

– interdire des bâches publicitaires dans l’espace public ?

AH : Nous en constatons les effets sur certains monuments parisiens : Les bâches publicitaires sont une pollution visuelle durable, nous ne les autoriserons pas dans notre ville.

– mettre en place des mobiliers urbains sans publicité ?

AH : La communauté urbaine a signé avec un annonceur une convention pour l’implantation et l’exploitation du mobilier urbain (tram et bus) jusqu’en 2022. Cette convention n’étant pas révisable à court terme, nous nous impliquerons pour que l’usage publicitaire qui est fait du mobilier urbain se limite à la publicité pour le commerce et l’artisanat local et la promotion de la vie culturelle, associative et sportive.

– réglementer l’extinction des lumières des mobiliers urbains, qui aujourd’hui n’ont pas d’obligation d’extinction ?

AH : Dans notre projet pour la ville, nous nous prononçons pour réaliser des économies d’énergie par l’interdiction de l’éclairage des vitrines de bureaux et de commerces la nuit. Cette disposition inclura les lumières des mobiliers urbains, à partir de l’heure de la fin des services de transport public.

– Instaurer une règle de densité plus restrictive pour la publicité extérieure?

AH : Aux entrées de villes, il n’est pas rare que des dispositifs publicitaires soient espacés de 10 ou 20 mètres seulement. La réduction de la densité des panneaux est l’un des premiers objectifs à atteindre : un espace minimum de 100 m entre deux dispositifs implantés sur un même côté de voie peut être fixé. Nous serons attentifs à la dégradation du paysage qu’ils génèrent.

– Interdire la publicité sur les véhicules ?

AH : Les véhicules municipaux ne serviront de supports publicitaires que pour promouvoir des manifestations culturelles, sportives ou en rapport avec les activités municipales ou de la métropole.
Concernant les véhicules privés, nous nous assurerons qu’ils respectent la réglementation.

– Limiter la taille des affiches à un format de 50 x 70 cm ? Afin que la publicité ne s’impose plus aux passants.

AH : Il est aberrant de constater l’écart de législation entre la taille des affiches publicitaires, autorisées en format 4 m x 3 m, et celle des affiches d’opinion et associative, limitées à 70 cm x 50 cm. Nous porterons la revendication que ce format réglementaire 70 cm x 50 cm s’applique pour tous les types d’affichage.

– Interdire tout dispositif publicitaire consommant de l’électricité ? Les classiques affiches collées sont peu à peu remplacées par des panneaux déroulant et éclairés ou par des écrans vidéos, consommant de l’électricité.

AH : Il est urgent que la lutte contre le gaspillage énergétique soit une priorité, portée par les pouvoirs publics à tous les échelons de la société. A ce titre, l’utilisation d’électricité à des fins publicitaires, qui plus est par des dispositifs fonctionnant généralement jour et nuit en continu, doit être proscrite.

3- Faire respecter la loi sur le paysage.
On constate qu’il est très difficile de faire appliquer la loi par les afficheurs (un tiers des panneaux serait illégaux), faute de moyens humains pour contrôler les implantations de panneaux. C’est au maire de faire appliquer la législation dans le cas où la commune est dotée d’un RLP et au préfet dans le cas contraire. Comptez-vous affecter, embaucher former des fonctionnaires à cette fin ?

AH : En 2013, l’association Paysage de France a fourni à la mairie du Mans une vingtaine de fiches relevant des infractions aux règles de l’affichage publicitaire. La mairie n’y a pas répondu et les panneaux illégaux sont toujours en place. La formation et l’affectation d’agents municipaux habilités à faire appliquer la loi en la matière est donc une nécessité.

Interviendriez-vous si la commune est dotée d’un RLP pour interdire certaines opérations de marketing de rue ?

AH : Nous veillerons à ce que les opérations de marketing de rue qui sont organisées le soit en conformité avec la loi générale, et étudierons la possibilité de définir des zones d’interdiction dans le futur RLP.

4- Prospectus dans les boîtes aux lettres
Les prospectus publicitaires dans les boites aux lettres représentent 31 kg de papier par foyer et par an. Comptez-vous mettre gratuitement à disposition de vos administrés des autocollants « stop-pub » ?

AH : L’application des autocollants « stop-pub » est un moyen simple et efficace, car respecté lors des distributions, de bannir la publicité des boîtes aux lettres de ceux qui ne souhaitent pas en recevoir. Nous ferons la promotion de leur utilisation et nous faciliterons la mise à disposition gratuite pour les habitant-e-s par une communication dans le journal municipal, nous informerons les citoyennes et les citoyens de leurs droits.

5- Publicité et services publics
La collectivité et l’intercommunalité éditent un journal. Ce journal peut contenir des publicités. Or, il est possible de retirer ces publicités. Le feriez-vous si vous étiez élus ?

AH : Le magazine d’informations municipales Le Mans notre ville est critiquable pour être davantage porté vers la communication que l’information, mais contient peu de publicité, et celle-ci se limite à la promotion du commerce local. Nous ne pensons pas nécessaire de remettre en cause ce fonctionnement.

Le financement « promotionnel » par des entreprises va à l’encontre de la neutralité du service public. Certaines collectivités pratiquent la sponsorisation (partenariat publics privés…), pour financer leur événement. Comptez-vous recourir à ce type de financements si vous êtes élus ?

AH : Les partenariats publics privés passés par les pouvoirs publics ont toujours pour conséquence de laisser au privé les bénéfices d’activité en faisant porter par la collectivité les risques financiers. Nous sommes opposés au recours aux PPP d’une manière générale, et nous étudierons de près leur utilisation actuelle pour la sponsorisation des événements municipaux afin de déterminer s’il convient de les remettre en cause.

6- Publicité et traçage sur internet
La publicité a besoin de tracer sa « cible » afin de mieux l’identifier et être plus « efficace ». Si vous êtes élu, intégreriez-vous par défaut dans les navigateurs de la collectivité la possibilité de bloquer les publicités intrusives et les fichage des données personnelles sur internet

AH : Oui, pour cela nous solliciterons le service informatique de la ville du Mans, et nous respecterons la charte informatique et liberté.

7 – Publicité et enfants
Les enfants sont une cible de choix et facile pour les publicitaires. Quels mesures proposez-vous pour mieux les protéger ?

AH : Petit à petit, le privé s’insinue dans les écoles publiques, notamment dans le secondaire, sous couvert de propositions de matériel ou d’activités pédagogiques. Nous serons vigilants pour que les écoles primaires de la ville restent exemptes de toute présence du privé et de la publicité qui l’accompagne. Dans le cadre de la révision du RLP, nous interdirons l’affichage publicitaire à moins de 100 m des écoles.

8-Pratiques des partis politiques
Quelles pratiques d’affichage et de propagande réalisez-vous pour ces élections ? Vous interdisez-vous la pratique de l’affichage sauvage ?

AH : Dans le cadre de ces élections municipales, nous responsabilisons nos militant-es pour qu’ils n’utilisent que les panneaux officiels et les panneaux d’affichage libre pour nos affiches électorales.
Nous sommes aussi conscients que les affichages politiques sauvages sont la conséquence du nombre limité de panneaux d’affichage libre, et de leur utilisation massive par la publicité commerciale, pour des boîtes de nuit par exemple. Aussi nous portons la revendication d’augmenter le nombre de dispositifs d’affichage libre, et d’en réserver une partie importante aux affichages dits « d’opinion » (associations, organisations politiques).

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Réponse de Alain Pigeau, candidat pour la liste « Ensemble, redynamisons Le Mans »
http://www.pigeau-lemans.fr/

Le Mans, le 15 mars 2014

Mesdames, Messieurs,

Vous m’avez adressé, comme à l’ensemble des candidates et candidats aux élections municipales de 2014, votre questionnaire « opération ville propre ».

La réglementation de la publicité doit permettre de concilier la liberté du citoyen de consulter ou non les offres qui lui sont faites et la mise en place d’une politique commerciale nécessaire au développement des entreprises et de l’emploi.

Face à l’ensemble des questions que vous posez, je vous rappellerai simplement les principaux axes qui conduiront mon action dans le domaine de la publicité.

Le règlement local de publicité fera l’objet d’une réécriture après concertation de l’ensemble des partenaires dont vous ferez partie.

Les décisions prises en matière de rationalisation de l’affichage et des actions promotionnelles veilleront avant tout à éviter qu’elle ne défigure la ville et à concilier efficacité commerciale et mise en valeur de la cité.

Les pouvoirs légalement attribués au maire seront utilisés pour faire respecter les lois et règlements, ainsi que les arrêtés municipaux. Nous veillerons à être exemplaires dans la gestion municipale, et notamment en ce qui concerne la confection du bulletin municipal et la gestion du site Internet de la ville. Enfin nous veillerons à protéger les familles et les enfants contre le caractère éventuellement agressif d’opérations à caractère publicitaire.

J’espère avoir répondu à vos questions, tout en restant volontairement synthétique.

Alain Pigeau

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