Sep 22 2011

RAP@Toile N° 103 – Septembre 2011

************** RAP-À-TOILE N° 103 – SEPTEMBRE 2011 *****************

R.A.P.-A-TOILE a pour vocation de faire connaître les diverses approches de la lutte antipublicitaire sans pour autant adhérer à toutes les opinions et idées d’actions formulées, dont elle laisse la responsabilité à leurs auteurs.

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Les rendez-vous de R.A.P. et de la lutte antipublicitaire :

Samedi 24 septembre [MONTAUBAN] : 33 ème journée de bâchage de panneaux de pub à Montauban
R/V devant la piscine Chambord bd Blaise Doumerc à 15h le samedi 24 septembre.
Un RLP a maintenant été établi (règlement local de publicité) mais il est peu respecté.
La société AVENIR a enlevé ses panneaux en infraction mais les voyous CBS OUTDOOR et CLEARCHANNEL n’ont pas encore démontés leurs 4x3m sur des rond points et des jonctions pourtant interdit aux panneaux depuis début juin 2011.

Dimanche 25 septembre [MONTAUBAN] : Stand Paysages de France à la Foire Bio de Montauban le dimanche 25 septembre sur le site d’Eurythmie (Montauban).

Samedi 1er octobre [PARIS] : Manifestation en hommage à Charles Garnier, architecte antipub déjà au 19e siècle. Rendez-vous à 14h à Bastille pour les cyclistes pour faire la Vélorution, puis à 16h pour les piétons, à l’Opéra Garnier

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SOMMAIRE :

1 – SOUTIEN AUX DÉBOULONNEURS – Par R.A.P.
2 – MANIFESTATION LE 1ER OCTOBRE- Par R.A.P., Paysages de France, les Déboulonneurs et la Vélorution
3 – BÂCHAGE D’UN PANNEAU DE PUB ILLÉGAL DANS LE 20E ARRONDISSEMENT DE PARIS – Par R.A.P.
4 – CARTOGRAPHIE DE L’AFFICHAGE EXTÉRIEUR
5 – UN ENTRETIEN IMAGINAIRE AVEC JC DECAUX – Par Nopub sur le forum Brigade Antipub

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1 – SOUTIEN AUX DÉBOULONNEURS – Par R.A.P.

Communiqué de presse du 5 septembre 2011

Le 6 septembre 2011, s’ouvrira en appel, le procès de 8 « Déboulonneurs », des barbouilleurs d’affiches publicitaires.

Charlotte Nenner, Présidente de l’association RAP, sera l’un des témoins, pour rappeler :
– que notre association légaliste oeuvre depuis près de 20 ans pour lutter contre l’envahissement publicitaire, et que malgré les interpellations, les dénonciations et les propositions, la situation de l’affichage publicitaire n’a fait qu’empirer en termes de pollution visuelle ou mentale
– que le bilan que nous tirons du Grenelle de l’environnement est négatif, dans le sens où la loi autorise maintenant des panneaux qui étaient auparavant interdits [1]
– que l’action des Déboulonneurs est parfaitement complémentaire de celle de RAP ou de Paysages de France, et participe de la nécessaire sensibilisation du public et de l’interpellation des responsables politiques.
– que l’opinion publique reste majoritairement opposée à la publicité [2], et que les antipublicitaires sont souvent les seuls à défendre l’espace public et les libertés menacés par les lobbies publicitaires.

À l’occasion de ces procès, Résistance à l’agression publicitaire apporte son soutien, avec l’ensemble du mouvement antipublicitaire, aux déboulonneurs qui comparaitront en justice. Nous remercions ces citoyennes et citoyens qui ont choisi d’enfreindre la loi, dans une démarche de désobéissance civile, pour défendre notre cadre de vie et nos libertés contre les pollueurs publicitaires. Ce sont ces derniers qui devraient se trouver dans le boxe des accusés, si la loi et la volonté du peuple étaient mieux respectés dans ce pays.

[1] bâches publicitaires, panneaux aux abords des aéroports, micro-affichage … https://antipub.org/spip.php?article153

[2] 80% des français on un avis négatif sur la publicité (sondage TNS SOFRES / AUSTRALIE) https://antipub.org/spip.php?article173

Par ailleurs la campagne de don de RAP en soutien pour le collectif des Déboulonneurs et sollicite votre soutien. Les dons iront à la défense des militants accusés.

Faire un don en ligne.

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2 – MANIFESTATION LE 1ER OCTOBRE- Par R.A.P., Paysages de France, les Déboulonneurs et la Vélorution

En hommage à Charles Garnier, l’architecte de l’Opéra du même nom, RAP s’associe à Paysages de France, aux Déboulonneurs et à la Vélorution et appelle a une manifestation devant l’Opéra, défiguré a plusieurs reprises et pendant plusieurs mois par de nombreuses bâches publicitaires.

Cette manifestation a pour thème la reconquête de l’espace public.

Charles Garnier déclarait notamment en 1871, dans la Gazette des Beaux Arts : « L’art est partout, il est dans tout : dans la rue comme dans le musée, et je dénie le droit que s’arrogent quatre ou cinq industriels de maculer avec leurs enseignes outrecuidantes la ville qui abrite un millions d’habitants ! »

Lieux de rendez-vous dans le calendrier ci-dessus.

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3 – BÂCHAGE D’UN PANNEAU DE PUB ILLÉGAL DANS LE 20E ARRONDISSEMENT DE PARIS – Par R.A.P.

Le 10 septembre 2011

L’association RAP après son assemblée générale annuelle a procédé au bâchage d’un panneau publicitaire situe rue de la Chine a Paris 20e à proximité d’une école.

Ce panneau maintenant illégal vis a vis de la réglementation locale constitue une agression publicitaire inacceptable puisqu’elle vise avant tout les enfants.

Nous continuons la résistance.

Voir en ligne avec photo.

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4 – CARTOGRAPHIE DE L’AFFICHAGE EXTÉRIEUR

Nous vous signalons une initiative de cartographie participative des panneaux de publicité en France.
L’initiative n’en est qu’à ses débuts, mais à terme, cela pourra faciliter le travail de recensement des panneaux illégaux notamment. Des fiches d’infraction à destination du maire devraient prochainement y apparaitre.

http://www.cartographiepublicitaire.org/

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5 – UN ENTRETIEN IMAGINAIRE AVEC JC DECAUX – Par Nopub sur le forum Brigade Antipub


Changement de politique chez JC Decaux

Les Vents du Changement – hebdomadaire n°760 – 6 septembre 2011

Jean-Charles Decaux nous reçoit dans son bureau, au siège de l’entreprise, à Neuilly (92). Au cours d’un long entretien exclusif, le fils et successeur du fondateur de la célèbre entreprise, nous dévoile les futures orientations de son entreprise.

LVDC-Vous avez décidé des changements importants récemment à la tête de votre entreprise mondialement connue de mobilier urbain. Pouvez-vous nous expliquer ce qui les a motivés?

JCD : « La semaine de l’antipub » organisée par diverses associations et collectifs a été l’occasion de profondes remises en cause au sein de notre direction, ce même si nous commencions à y réfléchir avant. En nous basant, entre autres, sur les rapports de nos informateurs qui étaient aux évènements de cette semaine, nous avons conclu que le mode de développement que nous proposions à travers les publicités diffusées par notre groupe n’était pas durable. « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs », disait mon ami Jacques Chirac : je crains que nous jetions carrément de l’huile sur le feu avec des affiches vantant des véhicules individuels plus ou moins énormes, voyages en avion transcontinentaux, nourriture industrielle, etc. Saviez-vous que moins de 10% des humains ont pris l’avion au moins une fois dans leur vie ? Ou que plus des trois quarts de la nourriture produite dans un pays comme le nôtre finit à la poubelle ?

Un discours surprenant de votre part…

Cela fait suite aussi à la lecture de divers auteurs : le rapport Meadows (dont beaucoup parlent sans l’avoir lu), qui est en quelque sorte actualisé par les travaux de l’ASPO (Campbell, Lahèrere…), Illich, Jacquard, les pionniers comme Bernard Charbonneau… le constat est clair, d’un point de vue physique, économique, géologique : on ne saurait continuer à consommer à un tel rythme les ressources de la terre. La généralisation du mode de vie des pays riches est encore moins possible. Les quelques mesures prises par mon groupe, comme le recyclage des affiches papier, le financement de fondations ou le rechargement de l’électricité en heure creuse des mobiliers urbains, ne changent rien à la trajectoire prise.
Par ailleurs, le mode de vie que nous nous imposons, à nous dirigeants, et par ricochet, aux cadres et employés, à toute allure, fait de stress, de violence psychologique… n’est pas souhaitable non plus. Songez donc à quel degré de tension permanente nous sommes soumis, étant donné notre niveau de responsabilité. Ce, lors de la moindre négociation avec un partenaire, un subordonné, un supérieur, où l’on doit se considérer en permanence dans un « rapport de force », et batailler pour maintenir une position considérée précaire.

Concernant les inégalités de revenus et de richesse, qu’on retrouve au sein de la hiérarchie de notre groupe, je pense qu’on ne saurait être heureux si la misère continue de s’étendre. Car comme le montrent les recherches en neuromarketing, le fait de voir une personne en souffrance, suscite généralement une identification à cette personne (découvertes utilisées par des publicitaires pour réaliser des suggestions d’achat), c’est ce qu’on appelle l’empathie.
Et le fait de donner réjouit autant celui qui reçoit que celui qui donne pour qui est vraiment heureux, loin de penser en terme de récompense/punition pour entretenir un rapport de force. Au contraire le fait d’accaparer toujours plus ne répond pas à la peur du manque ; cela suscite au contraire la peur d’être dépouillé si cela est fait au détriment de groupe d’individus, d’où volonté d’accaparer plus encore et se protéger plus…

Qu’envisagez-vous, partant de là, comme programme d’action ?

Je me limiterai à l’aspect de restructuration de l’activité. D’abord, pour la communication urbaine : nous n’allons pas abandonner ce secteur d’activité. Nous pensons à un regroupement d’affiches de taille raisonnable, par exemple 3500 cm², où les commerçants locaux, et éventuellement les grande chaînes nationales, rendent publique l’existence de leurs produits, promotions, et toutes autres informations commerciales. Car là est le principe initial de la publicité. Il a été, pour ainsi dire, oublié et souillé, par une course au gigantisme et au nombre, dont tout le monde est victime : les passants des rues et des transports, les consommateurs qui payent indirectement ces publicités, et même les entreprises annonceuses qui doivent ménager et négocier un budget croissant lié à cette activité. Alors que ni ces entreprises ne se sont entendues pour arrêter, ni les hommes politiques à l’Assemblée Nationale n’ont voulu mettre de frein, nous avons pris nos responsabilités, nous, en tant que prestataires, maillon parmi d’autres, mais pas tout à fait quelconque, de cette machine économique qui semble ne plus pouvoir s’arrêter bien que courant à l’épuisement de son support matériel. Il fallait avoir le courage de mettre un point final à cette course infernale.

Bref, revenons-en au programme d’action. Comment voyez-vous l’équilibre économique ?

Oui, parlons-en. Nous pensons tirer encore un bon chiffre d’affaires de supports de taille limitée, car ces espaces seront plus chers : moins agressifs, recherchés par les personnes vraiment en quête d’informations commerciales, ils seront plus efficaces en répondant à des besoins. Par ailleurs, le coût du matériel sera moindre.

Toutefois, le nombre de supports est trop important. Le regroupement de petites affiches que nous évoquons concernera environ, sur Paris, ville-test, deux supports par quai de métro, quelques arrêts de bus, quelques supports de 1m*2m contenant un plan de quartier. On envisage un partenariat avec la Ville de Paris et la RATP pour la mise en place d’œuvres d’art (abstraites, figuratives, populaires, humoristiques…, de professionnels ou d’amateurs…), de supports didactiques, et d’espaces d’expression publique.
Par ailleurs, notre mission importante de fourniture de mobilier urbain (plans de ville, abris pour l’attente du bus, toilettes, panneaux d’information historique, vélos – depuis peu) est un vrai service public qui reste pleinement d’actualité. Nous comptons demander pour cela une rémunération aux villes, plutôt que de continuer sur le mode finalement inconfortable d’une « comptabilité floue » et opaque, où ces services seraient payés par la publicité. Et pour importante qu’est la mission que nous pensons avoir accomplie dans le passé avec les publicités commerciales, en plus de celle du mobilier urbain, plus importante encore est celle qui nous attend avec le virage écologique que nous avons à prendre, collectivement.
Ainsi, pour le reste du matériel, nous pensons réaliser un démantèlement, au cours de l’année prochaine, de notre système de supports d’affiches.

C’est-à-dire ?

Nos ingénieurs vont travailler à trouver les meilleurs moyens de réemployer les matériaux des supports, et au pire les recycler. Par exemple, les néons des publicités et leur système de fixation seront donnés à des écoles. Les vitres des panneaux publicitaires vont être réutilisées pour faire des serres de mini-fermes urbaines ou péri-urbaines. Certains éléments métalliques que nous avons en grandes quantités identiques pourront être réemployés à la production de vélos, ou d’outils pour les fermes en question. Les boulons et écrous, à toute sorte d’usages. Les bâches géantes présentent quelque intérêt pour assurer l’étanchéité de grandes surfaces, par exemple on pourrait en faire des chapiteaux.

Les écrans plasma posent le plus de problèmes. Nous ne savons comment les réutiliser, et ils ne se recyclent pas. Mais ils nous ont coûté cher. Il serait dommage que nous les bradions, par exemple à des graphistes ou des particuliers pour des usages spéciaux en connexion sur ordinateurs. Quelques-uns seront gardés, dont un pour étude par la CNIL, et d’autres pour des musées.

Un plan de reconversion du personnel est-il prévu ?

Tout à fait. D’abord, dans le domaine de la construction/réparation de vélos, où nous avons déjà quelques compétences. Nous viserons toutefois des vélos plus efficaces que ceux types Vélib’. Concernant les fermes dont je parlais, c’est avec l’intrépidité entrepreneuriale qui caractérise notre famille que nous allons découvrir ce domaine nouveau pour nous. Une formation continue est prévue pour les employés qui voudront s’engager sur cette voie.

Dans un second temps, nous pensons nous diversifier vers des techniques plus en pointe encore, telles la médiation des conflits par la communication non-violente, la formation de formateurs à la permaculture urbaine, la construction en terre-paille, voire même la mise en place de bocages ruraux.

Ainsi contribuerons-nous au nouveau monde du XXIème siècle que nous voulons cette fois co-construire avec les habitants de la ville. C’était de toute façon indispensable. En fait de robot à programmer pour effectuer certaines actions, l’homme est un être sensible qui ne peut se satisfaire d’une activité dont la finalité lui échappe et n’apparaissant pas répondre à un besoin. Ainsi, les premiers sondages effectués auprès du personnel montrent que celui-ci est pleinement motivé par ces perspectives.


Que vont dire vos actionnaires ? Vos clients ?

En effet, nous ne l’envisageons pas sans appréhension. Mais tout le talent que nous avons déployé toutes ces années en termes de communication, de négociation pour accroître notre activité suivant le modèle que vous savez, pourra l’être dans le sens que je viens d’indiquer. Je pense que nous saurons convaincre les actionnaires minoritaires.

A propos de la réorientation des talents : il en va de même pour le travail que vont réaliser nos équipes d’économistes, d’ingénieurs, d’ouvriers dans ces actions.

Par ailleurs, nous espérons convaincre nos confrères qu’une autre forme de communication commerciale est possible. Nous pensons par exemple à Adrexo, qui pourrait fournir des informations commerciales dans les boîtes aux lettres uniquement aux personnes qui l’ont signalé. Ses frais de papier seraient réduits, la santé de son personnel moins sollicitée.

Ne craignez-vous pas que les associations environnementalistes ne voient dans ces discours que des manœuvres visant à les endormir ?

Nous le craignons en effet. Et nous le regretterions. Mais si telle est leur réaction, nous saurons la respecter et avancer seuls.

Un changement de cap radical, en résumé…

Nous ne souhaitons pas que notre entreprise reste dans les mémoires comme celle qui a couvert les villes d’affiches et bâches géantes commerciales. On sait bien que la majorité des personnes ne les apprécient pas. Le projet que nous portons désormais est autrement plus valorisant et motivant.
Reconstruire l’imaginaire, cher monsieur, voici ce à quoi nous allons travailler à présent.
Car plutôt que d’acquérir un n-ième bien de consommation, des moments dans la vie, tels que la rencontre avec l’autre, ou encore le fait de façonner avec son esprit puis ses mains des dessins, sculptures, clefs à ergot excentré, jardins, textes, sont largement plus réjouissants.

Propos recueillis par Marc Lumère

À lire sur le site de la BAP pour connaitre la réaction procédurière de JCDecaux à cette parodie.

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***************INFORMATIONS DIVERSES***************

Toutes les informations que vous venez de lire sont publiques, nous vous invitons à les transmettre à toute personne susceptible d’être intéressée : faites circuler !

Pour tout renseignement (envoi d’un exemplaire de l’Antipublicitaire, notre publication papier, adhésion, etc.) merci de prendre contact avec :

R.A.P. (Résistance à l’agression publicitaire)
La Teinturerie
24, rue de la Chine
75020 Paris
tél. : 01 43 66 02 04 (tcp. : 01 43 66 03 10)

site internet : www.antipub.org

Adhésion : 25 euros
Adhésion petit budget : 10 euros

Une permanence téléphonique est assurée les mardis et mercredis de 10 h
à 13 h (on pourra également nous joindre en dehors de ces horaires,
sans certitude de présence toutefois).

Pour nous rencontrer : calendrier au début de ce message,
renseignements supplémentaires à contact à antipub.org


COORDONNÉES UTILES :

Casseurs de pub
52 rue Crillon
BP 36003
69411 Lyon cedex 06
Tél. 04 72 00 09 82
http://www.casseursdepub.org

Paysages de France
(association qui lutte notamment contre l’affichage publicitaire
envahissant)
MNEI
5, place Bir-Hakeim, 38000 Grenoble
Tél. & tcp. 04 76 03 23 75
http://paysagesdefrance.org/

Le Publiphobe, association concurrente de R.A.P.
(diffusion d’une feuille sporadique par abonnement)
67, rue Saint-Jacques, 75005 Paris.
Tél. 01 45 79 82 44.

Les Brigades antipub (site d’actualité antipublicitaire et son forum)
www.bap.propagande.org

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