Agression publicitaire à la RATP : Metrobus récompensé pour ses bons et loyaux services

Hasard du calendrier, nous apprenons ce matin qu’une action a eu lieu cette nuit contre les écrans publicitaires ACL du métro parisien [1] et que la RATP a renouvelé pour 9 ans le contrat qui la lie à Métrobus.

A l’heure où les associations se mobilisent [2], la RATP a décidé en toute opacité et sans avoir mené la moindre concertation avec les usagers et les élus régionaux, de reconduire pour 9 ans la société Métrobus, filiale de Publicis et JCDecaux, en tant que concessionnaire de l’ensemble de la publicité sur le réseau.

Pas moins de 80 000 faces publicitaires sont ainsi laissées en pâture à Métrobus, société dont les pratiques en matière d’agression publicitaire ont fait scandale, notamment par l’implantation de 400 écrans ACL publicitaires, équipés de caméras de comptage et consommant autant d’électricité que 3 familles [3]

La RATP reste sourde au ras-le-bol des usagers [4] et des associations, en faisant du métro et des bus, des laboratoires d’expérimentation tous azimuts de procédés publicitaires toujours plus intrusifs.

Elle reste également sourde aux récriminations des élus régionaux, dont le nouveau vice-président du conseil régional en charge des transports, Jean-Vincent Placé, qui a très clairement déclaré souhaiter « une négociation avec la RATP » pour aller « vers la réduction des espaces publicitaires dans les métros » ; il s’est également prononcé pour le retrait des nouveaux écrans publicitaires.

L’agression publicitaire rapporte à la RATP, 100 millions d’euros ce qui ne représente que 2% du chiffre d’affaire. Si en 2010, la RATP avait supprimé toute la publicité sur son réseau, elle serait encore bénéficiaire (le résultat net du premier semestre 2010 est de 110M€).

Nous dénonçons avec la plus grande vigueur ce nouveau contrat et exigeons :
– que celui-ci soit rendu public
– que les membres du conseil d’administration de la RATP votent contre ce contrat
– qu’une re-négociation soit d’ores et déjà entamée, pour que le STIF soit associé et fixe les limites en matière de publicité dans les transports en commun franciliens.

[1] source : http://www.danger-ecranpub.tk/article17.html

[2] voir campagne lancée par Agir pour l’Environnement et R.A.P., qui a reçu le soutien de Paysages de France et d’élus parisiens. http://www.antipub.org/spip.php?article174

[3] Voir communiqué http://www.antipub.org/spip.php?article150

[4] Selon un récent sondage, 80% des français jugent la publicité comme étant « une source d’ennui ». https://antipub.org/spip.php?article173

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