Fév 08 2016

Bordeaux : maintenant c’est au sol que l’on s’attaque !

Depuis quelques semaines fleurissent sur les trottoirs de Bordeaux, un tag au sol « TAGALO – votre com’ créative sur le sol ».

Les 1815 panneaux de publicité (1) installés dans la métropole, les prospectus publicitaires, la publicité sur Internet, à la radio, à la télévision ne suffisent plus. Maintenant c’est au sol que l’on s’attaque. Le dernier refuge des citoyens qui souhaitent éviter le matraquage publicitaire, garder les yeux rivés au sol, ne sera bientôt plus d’aucune aide.

Notre association tient à rappeler qu’il est illégal d’apposer des messages publicitaires sans avoir une autorisation écrite du propriétaire de l’immeuble (le trottoir est considéré comme un immeuble) selon l’article L581-24 du code de l’environnement. Les trottoirs de Bordeaux appartenant à la ville, la société TAGALO aurait dû demander une autorisation écrite au préalable à toute activité. Cette démarche n’a pas été entreprise par cette société.

Nous sommes effrayés des expérimentations de la société TAGALO de « clean tag » sur les passages piétons (2). Au même titre que les panneaux publicitaires, les publicités détournent notre attention et notre regard sur celle-ci. Est-il raisonnable de distraire le piéton en train de traverser la rue ?

Nous sommes donc d’accord avec la position de monsieur Jean-Louis David, adjoint au Maire de Bordeaux, quand il déclare que les publicités au sol sont illégales (3).

Nous sommes également d’accord quand il déclare au journal Sud-Ouest que : « C’est la prolifération de la publicité qui est insupportable. Même éphémère. Si tout le monde fait la même chose, on est mal embarqué ! » (3)

Nous tenons à rappeler que :

– Il est faux de dire que les publicités au pochoir de type « clean tag » permettent de nettoyer les rues. Elles ne « lavent » que la partie qui leur permet d’afficher leur message, le reste tout autour reste sale ! De plus vu qu’elles ne sont pas effacées, elles laissent bien souvent une « tâche de propre » qui dure des mois. Cela met plutôt en avant la saleté de la rue, les « clean tags » empirent ainsi l’impression de saleté.
– Il est faux de dire que les « clean tags » s’effacent rapidement. Même après plusieurs semaines, nous avons certains « clean tags » (protégés par des arbres par exemple) qui restent visibles. Sans parler de l’été (où il pleut moins) où les messages peuvent tenir encore plus longtemps.
– Il est faux de dire que les « clean tags » sont écologiques. La publicité est un moyen pour manipuler les citoyens et les pousser à la surconsommation. La publicité contribue à l’épuisement des ressources et à la création de déchets aussi polluants que coûteux, et dont nous payons le retraitement en tant que contribuables ainsi que les conséquences sanitaires (obésité, anorexie, surcharge cognitive…), sociales et environnementales à long terme. Ainsi, par exemple, en va-t-il des 40 kilos de prospectus par an et par boîte aux lettres qui vont généralement directement dans nos poubelles…(4) Dire que le « clean tag » est une publicité écologique, c’est tout simplement faire du « green washing ».

Notre association demande donc que :
– L’interdiction de la publicité au sol soit inscrite dans le Règlement Local de Publicité intercommunal (RLPi) en cours de finalisation.
– La Mairie de Bordeaux dresse des procès-verbaux d’effraction des tags publicitaires au sol afin de faire comprendre aux publicitaires que l’espace public n’est pas un terrain de jeu et d’expérimentation tous azimuts de nouveaux procédés publicitaires.
– La Mairie de Bordeaux mette en demeure toutes les sociétés réalisant des tags publicitaires au sol pour que celles-ci les effacent.
Les citoyens excédés(5) par l’agression publicitaire permanente (la publicité est une nuisance reconnue dans le code de l’environnement) sont en droit d’exiger le respect des règlements et des lois qui les protègent.

Notes

(1) Règlement local de publicité intercommunal – Rapport de présentation, Janvier – Février 2014, Cadre&Cité, 50 p.

(2) Compte Facebook de la société TAGALO, post du 15 janvier 2015

(3) GUITTON Gilles, Bordeaux : la publicité au pochoir envahit les trottoirs, Sud-Ouest web, 2 février 2016

(4) SALEM Walid, Le RAP-Bordeaux lance la chasse aux prospectus, Rue89 Bordeaux, 14 décembre 2015

(5) Sur l’article GUITTON Gilles, Bordeaux : la publicité au pochoir envahit les trottoirs, Sud-Ouest web, 2 février 2016, un sondage demande aux internautes de répondre à la question « La publicité au pochoir sur les trottoirs, pour ou contre ? », 69% des 1096 votants ont répondu : « Contre. Il y a déjà assez d’espaces pub comme cela ».

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