Juin 16 2008

Faire des vélib’ un véritable service public

COMMUNIQUE DE PRESSE COMMUN :
Résistance à l’agression publicitaire, la Vélorution, la Brigade activiste des clowns, les Déboulonneurs, Action consommation, SUD-Solidaires, « Relocaliser & Désinformatiser »

Faire des vélib’ un véritable service public

Paris, le 16 juin 2008
A l’heure du réchauffement climatique, l’instrumentalisation du système des vélos en libre service (VLS) par les a
fficheurs est particulièrement grave pour la société et l’environnement. On en voit aujourd’hui les effets pervers sur les salariés de la Cyclocity. En conséquence, nous souhaitons que les vélib’ ne soit plus la propriété de l’afficheur JCDecaux. Au même titre que le bus, le tramway, etc. et en solidarité avec les salariés de la Cyclocity, nous demandons à la mairie de Paris d’envisager la mise à disposition de VLS comme un véritable service public.

Il n’est donc pas question de discuter l’utilité de ce projet de VLS mais bien d’en dénoncer le mode de gestion. Aucune raison fonctionnelle ne justifie de lier vélos et panneaux publicitaires. Au contraire, la mairie de Paris gagnerait davantage notamment en termes de transparence des coûts, de souplesse de fonctionnement notamment pour l’extension du service à la banlieue et de respect de la concurrence, à dissocier le marché publicitaire du marché des VLS. Par exemple, la collusion du marché des VLS avec la publicité limite le choix des opérateurs aux spécialistes de la publicité,
excluant des appels d’offre les professionnels du vélo qui ne proposent pas de gérer de l’affichage publicitaire. Or, une politique crédible en la matière mériterait qu’on la confie à des professionnels de la question. N’y a-t-il pas contradiction totale à financer un projet de promotion de vélos par un secteur qui fait l’apologie de la voiture ?

Plusieurs villes ont envisagé la mise à disposition de VLS comme un service public. Ainsi, la communauté d’agglomération du Val de Loire a offert des VLS au même coût que JCDecaux, mais sans couplage avec un marché publicitaire. Véritable autorité organisatrice de la promotion de ce service, la ville ne se trouve pas pieds et poings liés aux afficheurs. Il est important aussi de rappeler que les vélib’ ne sont pas gratuits et encore moins payés par JCDecaux, c’est le consommateur qui, par le biais de ses achats, paye les vélib’. La publicité est une sorte d’impôt indirect ! En outre, un service public de VLS rendrait les vélos accessibles à tous même aux personnes défavorisées qui
n’ont pas 150 euros de caution disponible sur leur compte.

De plus, le vélib’ est le cheval de Troie de la publicité, créé par les afficheurs pour envahir un peu plus l’espace public tout en se donnant une image de protecteur de l’environnement. C’est ce qu’on appelle de l’écoblanchiment publicitaire. Car avant d’être un projet de développement du vélo, le système des VLS est avant tout un marché public
itaire. Avec la généralisation du défilement des panneaux, vélib’ s’est traduit à Paris par un triplement de la surface publicitaire. Systèmes déroulants et le plus souvent lumineux qui décuplent leur impact sur les paysages, provoquant une gêne visuelle conséquente pour les habitants et un gaspillage énergétique inacceptable. Alors que de plus en plus de citoyens souhaitent une diminution de la pression publicitaire, il est intolérable que les VLS servent à justifier une inflation de publicités.

C’est pourquoi, nous demandons que la mise à disposition de VLS ne soit plus liée au marché publicitaire mais soit au contraire envisagée comme un service public de promotion du vélo au service de la population et non comme un outil de promotion au service des publicitaires. La mairie de Paris doit devenir l’autorité organisatrice de ce service public au lieu de continuer à en confier la responsabilité à des afficheurs privilégiant, par facilité, le choix du court terme. Si le vélib’
ne devient pas un service public, nous vous donnons rendez-vous le 5 juillet pour une grande action contre les vélib’ afin de continuer à faire pression sur la mairie de Paris (tract en pièce jointe).