Juin 25 2009

RAP à Toile N°83 juin 2009

R.A.P.-A-TOILE a pour vocation de faire connaître les diverses approches de la lutte antipublicitaire sans pour autant adhérer à toutes les opinions et idées d’actions formulées, dont elle laisse la responsabilité à leurs auteurs.


Les rendez-vous de R.A.P. et de la lutte antipublicitaire :

SAMEDI 27 juin 2009 – PARIS : à 16h. 38e action de Collectif des déboulonneurs. Rendez-vous à la sortie de la gare Saint Lazare, Cour du Havre, devant la statue « L’heure de tous ».

MARDI 30 juin – PARIS à 19h conférence débat « La publicité pollue-t-elle l’économie ? » organisée par La canalisation, au Comptoir Général, 80 quai de Jemmapes, Paris 10e, animée par John-Paul Lepers.

JEUDI 2 juillet – PARIS, à 19h. Réunion R.A.P. Ouverte à tous les sympathisants dans notre nouveau local – 24 rue de la Chine – 75020 Paris – Métro Gambetta.

SAMEDI 19 septembre : Action R.A.P. et Amis de la Terre Paris sur les prospectus, le gaspillage de papier et la déforestation. Création d’une oeuvre par l’artiste américaine Barbara Ashimoto à partir de prospectus. A l’espace Kracjberg – Musée du Montmarnasse – 21 avenue du Maine – Paris 14.

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SOMMAIRE :

0 – UNE NOUVELLE ADRESSE POUR R.A.P.

1 – ECRANS ESPIONS DU MÉTRO : LA JUSTICE DEBOUTE…

2 – GRENELLE DE L’ENVIRONNEMENT ET AFFICHAGE : REMISE DU RAPPORT DU SENATEUR DUPOND

3 – REMISE A PLAT DU REGLEMENT LOCAL DE PUBLICITE DE PARIS : NON A TOUT RECUL

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0 – UNE NOUVELLE ADRESSE POUR R.A.P.

R.A.P. a déménagé. Après 10 ans à Vincennes, nous gagnons la capitale, pour un nouveau local à partager avec d’autres : La Teinturerie.
Bienvenue au 24, rue de la Chine, à Paris 20e. Les permanences sont toujours du mardi au jeudi. Le n° de téléphone : 01 43 66 02 04.

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1 – ECRANS ESPIONS DU MÉTRO : LA JUSTICE DEBOUTE… – par R.A.P.

Nous reproduisons ici le communiqué de presse envoyé le 30 avril suite à la décision de justice rejetant notre demande d’expertise (voir antipub.org). Suite aux discussions avec notre avocat, notre stratégie a évolué et nous la dé voilerons bientôt… patience.

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2 – GRENELLE DE L’ENVIRONNEMENT ET AFFICHAGE : REMISE DU RAPPORT DU SENATEUR DUPOND

France Soir, édition du 20 juin 2009
par Laurence Valdès

Quand la pub nous pollue

Interdire la publicité autour des écoles, réduire la taille maximale des panneaux, endiguer le foisonnement d’enseignes aux abords des villes : un rapport du sénateur Ambroise Dupond propose des pistes pour lutter contre ces excès.

« A l’entrée des villes, c’est vraiment là qu’il y a une débauche d’enseignes qui se superposent et donnent une impression de trop de publicité », déplore le sénateur du Calvados Ambroise Dupond. Il a remis, cette semaine, à la secrétaire d’Etat à l’Ecologie, Chantal Jouanno, un rapport visant à compléter et à mieux faire appliquer la loi de 1979 sur la publicité extérieure. Selon le sénateur, la
responsabilité des communes doit être renforcée. « C’est aux communes de réglementer les dispositifs de publicité et de faire la police, car il est logique que celui qui élabore la réglementation en assure l’application », estime-t-il. En outre, afin de limiter l’impact des dispositifs publicitaires sur le cadre de vie, l’auteur du rapport émet une série de propositions. Il suggère notamment d’interdire la publicité à proximité des écoles maternelles et primaires. « On ne doit pas abreuver nos propres enfants de cette pub. Ils ont droit à ce qu’on les laisse tranquilles », a estimé Chantal Jouanno lors de la remise du rapport. Le sénateur propose également de réduire le format maximal des enseignes à 12 m2, contre 16 m2 actuellement.

Incompatible avec l’écologie
Quant à la publicité lumineuse, qui utilise de l’électricité, elle devrait être limitée par un couvre-feu nocturne. « Cette publicité omniprésente n’est pas compatible avec l’écologie de demain et pousse
à l’extrême la logique de l’ultra-consommation », selon la ministre. Trois Français sur quatre jugent en effet que la publicité est omniprésente dans leur vie. Afin de diminuer le nombre de panneaux qui foisonnent sur les axes routiers, le sénateur propose de supprimer les préenseignes implantées aux abords des villes pour signaler des stations-service, hôtels, restaurants et centres commerciaux. Il propose de les remplacer par des signalisations locales plus légères, intégrées à la signalisation routière. En somme, « la pub doit être attrayante sans être omniprésente », a résumé la ministre. Interdire la publicité autour des écoles, « c’est une proposition très pertinente », réduire les formats des enseignes, « c’est incontournable », et lutter contre la pollution lumineuse, « c’est le bon sens », a-t-elle commenté. Ces propositions devraient permettre d’enrichir la loi d’application du Grenelle de l’environnement, dite « Grenelle II », qui doit être examinée à l’automne.

Publicité excessive – “Il faut passer aux actes !”

Résistance à l’agression publicitaire (RAP) est l’une des cinq associations consultées lors de l’élaboration du rapport sur la publicité extérieure. Elle combat l’implantation illégale de panneaux publicitaires. Sa présidente, Charlotte Nenner, exprime sa déception mais aussi sa détermination face aux propositions énoncées dans le rapport.

FRANCE-SOIR. Ces propositions du rapport Dupond pour lutter contre la pollution visuelle vous satisfont-elles ?
CHARLOTTE NENNER. La proposition de créer des zones d’interdiction autour des écoles est alléchante. Mais dans l’ensemble nous sommes déçus. Réduire les affiches à 12 m2, ça ne nous avance pas, puisque c’est le format de base, celui qu’on voit partout. On espérait au minimum une réduction à 8 m2. C’est un coup d’épée dans l’eau. Ce rapport donne des pistes sans rien avancer, mais maintenant il faut passer aux actes. Le gros point faible est le transfert du pouvoir de police aux maires, alors qu’ils sont beaucoup plus fragiles face au lobby des publicitaires. C’est une erreur majeure de croire que les maires feront mieux la police que les préfets. L’Etat se désengage complètement. Les petites communes auront du mal à résister aux pressions des annonceurs.

La situation est-elle pire en France qu’ailleurs ?
La France est un mauvais élève européen. L’affichage représente en France 12 % des dépenses des publicitaires, contre 4 % aux Etats-Unis et 3 % en Allemagne. La France est plus dévastée qu’ailleurs avec les panneaux de 4 mètres par 3 implantés dans les villes et aux abords des villes. On a en plus des panneaux en hauteur sur un mât, qui s’enchaînent les uns derrière les autres. Ces supports sont très visibles et encore plus prégnants qu’avant. Les campagnes sont dévastées par les préenseignes implantées le long des routes pour annoncer des commerces plusieurs centaines de mètres par avance. Et comme si ça ne suffisait pas, on est maintenant envahis par des écrans de télévision géants et des panneaux intelligents équipés de caméras.

La diminution de la publicité ne risque-t-elle pas de mettre les commerçants en difficulté ?
On n’est pas forcé d’envahir l’espace public pour faire tourner l’économie. Aux Etats-Unis, dans le Maine, le Vermont, Hawaii et l’Alaska, ou encore au Brésil, à Sao Paulo, les panneaux publicitaires sont interdits et l’activité économique ne s’effondre pas pour autant.
Chez nous, au contraire, on est dans la surenchère et cela peut avoir des effets négatifs. La France est la première destination touristique mondiale. Si on la défigure, on tue la poule aux œufs d’or. On est entré dans une spirale infernale qui a pour effet de dégrader le paysage. Cette absence de « pensée durable » ne permet pas de parler d’aménagement du territoire, mais plutôt de non-aménagement du territoire.

De quelle façon allez-vous continuer à défendre votre cause ?
On ne va pas se contenter de mesurettes, on veut des effets visibles. Nous souhaitons continuer à travailler avec des parlementaires afin d’obtenir des mesures ambitieuses. Au-delà de la pollution visuelle, le contenu même des affiches est à revoir. On trouve par exemple devant les écoles des pubs pour l’alcool ou pour des gros 4 x 4 qui vont complètement à l’encontre du développement durable.

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À lire :
Communiqué des Déboulonneurs : Réforme de la loi sur l’affichage : Jouanno démissionne devant les publicitaires ! http://www.deboulonneurs.org/article352.html

Communiqué de Paysages de France : Affichage publicitaire : le Grenelle du paysage au bord du gouffre ? http://paysagesdefrance.org/

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Voir également notre appel à soutiens associatifs autour de 6 propositions relatives à la loi sur l’affichage
Parce que l’affichage publicitaire n’est pas qu’une question de paysage, RAP et les Déboulonneurs lancent un appel à soutien citoyen autour de 6 propositions, pour lutter contre la pollution visuelle, la privatisation de l’espace public, pour protéger les enfants et les écoles, pour lutter contre le gaspillage énergétique et la pollution émis par ces dispositifs publicitaires, pour retrouver la beauté des villes et reconquérir les espaces péri-urbains.

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3 – REMISE A PLAT DU REGLEMENT LOCAL DE PUBLICITE DE PARIS : NON A TOUT RECUL

Communiqué du 22 juin 2009

Quel gâchis ! voilà ce qui vient à l’esprit quand on voit la perte de temps et d’énergie du RLP.
Lancé en 2003, enterré en 2006 pendant la négociation sur les Velib, relancé et longuement discuté en 2007, le RLP avait finalement été adopté par le Conseil de Paris de décembre 2007, entérinant des mesures importantes pour faire reculer la publicité dans le paysage parisien.

Mais, suite à un recours des afficheurs, le RLP est tombé dans un trou noir juridico-administratif. Jusqu’à ce que le Conseil d’Etat valide la décision de la commission des sites et lève l’impossibilité de promulguer ce règlement. Ainsi, depuis juin 2008, il suffit d’une signature du Maire de Paris sur l’arrêté municipal pour mettre en oeuvre le RLP.

Or, sous l’unique pression des afficheurs (UPE : Union pour la Publicité Extérieure), le Maire de Paris a décidé, un an après, de jouer l’extrême prudence juridique et remet complètement en chantier le RLP, soit encore un an minimum. En tout cela fera 7 ans pour élaborer ce règlement : où sont la motivation et la volonté politique ?

Nous craignons également que ces précautions cachent une volonté de revenir sur des équilibres et des avancées obtenues, alors que tous les candidats (Verts, Modem, UMP, PS) s’étaient engagés pendant la dernière campagne des municipales à ne pas revenir sur le RLP adopté en décembre 2007. Là encore, on peut reconnaître la pression des afficheurs, alliée à la perspective d’augmenter les revenus de la taxe sur la publicité.

Pour notre association, il serait ainsi scandaleux de revenir sur la non-légalisation du micro-affichage, sur l’interdiction de la publicité autour des écoles, sur la question des bâches géantes de publicité.
A moins que la Mairie de Paris décide d’aller plus loin en matière de lutte contre les nuisances de l’affichage publicitaire, par exemple en limitant les formats à 2 m², en bannissant les grands panneaux sur pied, en interdisant toute pratique du pelliculage de véhicules…Au vu du projet de délibération relançant le groupe de travail RLP, ce n’est pas la direction prise, puisqu’il s’agit surtout « d’améliorer l’insertion paysagère des dispositifs ».

Ce sont les raisons pour lesquelles, nous demandons instamment à Bertrand Delanoë et au Conseil de Paris :
– d’adopter le RLP tel que décidé en décembre 2007, conformément aux engagements pris,
– parallèlement relancer la procédure RLP telle que définie dans le projet de délibération, uniquement sur des questions de formes, sans remettre en cause le fond

Ceci traduirait un vrai courage politique et une volonté claire de réglementer l’espace public, non pas dans un but lucratif, mais pour dépolluer notre paysage urbain et freiner l’expansion publicitaire et la perpétuelle sollicitation des passants.

Contact : Charlotte Nenner, Présidente de R.A.P., charlotte.nenner@antipub.org

***************INFORMATIONS DIVERSES***************

Toutes les informations que vous venez de lire sont publiques, nous vous invitons à les transmettre à toute personne susceptible d’être intéressée : faites circuler !

Pour tout renseignement (envoi d’un exemplaire de l’Antipublicitaire, notre publication papier, adhésion, etc.) merci de prendre contact avec :
R.A.P. (Résistance à l’agression publicitaire)
La Teinturerie 24, rue de la Chine 75020 Paris
tél. : 01 43 66 02 04 (tcp. : 01 43 66 03 10)
site internet : www.antipub.org
Adhésion : 25 euros
Adhésion petit budget : 10 euros
Abonnement à R.A.P.-Échos : 7 euros.

Une permanence téléphonique est assurée les mardi et mercredi de 14 h à 17 h (on pourra également nous joindre en dehors de ces horaires, sans certitude de présence toutefois).
Pour nous rencontrer : calendrier au début de ce message, renseignements supplémentaires à contact à antipub.org

COORDONNÉES UTILES :

Casseurs de pub
11, place Croix-Pâquet 69001 Lyon
Tél. 04 72 00 09 82 – Tcp. 04 77 41 18 16
http://www.casseursdepub.net

Paysages de France
(association qui lutte notamment contre l’affichage publicitaire envahissant)
MNEI
5, place Bir-Hakeim, 38000 Grenoble
Tél. & tcp. 04 76 03 23 75
http://paysagesdefrance.org/

Le Publiphobe, association concurrente de R.A.P.
(diffusion d’une feuille sporadique par abonnement)
67, rue Saint-Jacques, 75005 Paris.
Tél. 01 45 79 82 44.

Les Brigades antipub (site d’actualité antipublicitaire et son forum)
www.bap.propagande.org

R.A.P. Belgique
96, rue Le Lorrain, 1080 Bruxelles
r.a.p.@antipub.be
http://www.antipub.be

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